CNIDH, le dossier Chadia Mukaremera classé sans suite
Par Léonce Bitariho
Le substitut du procureur général près la Cour suprême propose le classement sans suite dans l’affaire de disparition présumée de Chadia Mukaremera, employée de la Cnidh du Burundi. Isaac Kubwayo explique cette décision par l’absence d’infraction et la non identification du prévenu.
La place des présumés auteurs dans les faits est représenté par le terme « inconnu ». La note de classement sans suite du dossier est tombée le 15 juin 2026.
L’identité du prévenu est : Inconnu. Isaac Kubwayo, le substitut général près la Cour suprême explique : « Au terme de l’article 104 du Code de Procédure Pénale burundais, il est précisé qu’en cas d’absence d’infraction ou de non identification du prévenu, ces motifs suffisent pour classer sans suite une procédure judiciaire ».
De même et selon toujours le substitut général, il dit que le classement sans suite d’une procédure n’est qu’une mesure administrative qui n’interdit pas la reprise de l’enquête ou de l’instruction.
Ces considérations sont alors valables pour le cas de Chadia Mukaremera car « les investigations menées n’ont rien démontré sur le point de savoir si une infraction pénale aurait été commise et par conséquent sur de probables présumés auteurs des faits culpeux ».
Il propose ainsi la présente procédure au classement sans suite sans l’ouverture d’une instruction pénale dans les conditions prévues par l’article 104 litera a) du Code de procédure pénale burundais.
Pour ce qui est de l’instruction des faits allégués, le substitut du procureur général indique qu’il est évident que les sources d’informations jusqu’ici explorées tarissent sur le point de savoir ce qui s’est réellement passé ou le degré d’implication de qui que ce soit.
C’est la raison pour laquelle la place des présumés auteurs dans les faits relevés dans l’opinion du personnel de la CNIDH est représenté par le terme « inconnu ».
La note signée le 15 juin déclare que depuis le 25 février 2026, Chadia Mukaremera ne s’est plus présentée à son poste d’attache. Aucune justification n’a été fournie à son employeur.
Selon les explications données, certains membres du personnel de la Cnidh ont alors vulgarisé, sans aucun indice valable, la thèse de sa disparition ou son enlèvement par des malfaiteurs.
« Ils ont même fait valoir l’opinion que comme la secrétaire générale de la Cnidh, Mme Chantal Bakamiriza avait été la personne qui a contacté ce matin-là Chadia Mukaremera, elle serait la première à expliquer cette disparition ».
L’affaire Chadia, un grain de sable
Des investigations ont été menées au niveau de la police judiciaire pour tenter de trouver une piste de recherche. Certains cadres de la CNIDH ont été interrogés selon le substitut, mais au final, aucune information fiable pouvant faire état de disparition ou d’enlèvement de dame Chadia Mukaremera n’a été trouvée.
« En conséquence, il n’y a aucun moyen de se faire une idée sur des probables présumés responsables des faits allégués ».
La note accuse la secrétaire générale Chantal de s’être embourbée dans diverses opinions d’une probable disparition et d’enlèvement, allant même à proposer au Commissaire Général de la CNIDH de formuler une dénonciation de la disparition de Chadia Mukaremera sans qu’elle soit à mesure d’en apporter une moindre preuve.
Le substitut du procureur général déclare avoir convoqué le commissaire général de la CNIDH, le Commissaire général adjoint et la secrétaire générale pour leur demander de fournir des éclaircissements.
D’après la note, ils ont unanimement dit qu’ils n’en savent rien du tout, que tout ce qu’ils peuvent dire relève de l’opinion tirée des membres du personnel de la Cnidh lors des différentes réunions de service qui ont été tenues pour discuter le cas de Chadia Mukaremera.
Selon cette même note du substitut du procureur général, cette opinion était alimentée par des velléités rancunières datant du temps de l’ancien Commissaire général de la CNIDH, Sixte Vigny Nimuraba et qui ont divisé profondément les membres du personnel de cette Commission jusque même au sein des commissaires entre eux.
Ils ont dit que la situation de Chadia Mukaremera intervient comme élément de nature à saper leurs efforts de réconcilier le personnel en tant que nouveaux responsables de la CNIDH.



